C'est en l'an 1600 que Nicolas Budé, dernier représentant des seigneurs de Budé, reçoit en héritage le fief de Narelles, vaste domaine agricole situé entre les rives de l'Yerres et le chemin de la Grande Prairie.
Jusqu'au début du XlXe siècle, il passa entre les mains de plusieurs propriétaires, grands commis du royaume ou membres de la famille royale.

plan du parc

De 1806 à 1824, le marquis de Mandat procéda à divers aménagements mais c'est à Pierre-Frédéric Borel, propriétaire du fameux restaurant parisien "Au rocher de Cancale" que l'on doit les aménagements du parc paysager. Rompant avec le classicisme et la symétrie du jardin à la française qui domptait la nature, il opte pour un parc à l'anglaise, dans lequel la nature reprend ses droits.


glacière

Parsemée de "fabriques", petits édifices ornementaux, la propriété se conçoit comme une combinaison subtile d'éléments végétaux et architecturaux, véritable invitation au voyage dans l'espace et dans le temps : l'Italie et le Casin, la Suisse et son chalet, le kiosque et l'Orient, l'exèdre et l'antiquité.

En 1843, après une vente par adjudication de ses biens, Pierre-Frédéric Borel quitte la propriété qui revient à la veuve de Martin Guillaume Biennais, orfèvre et tabletier de Napoléon 1er. En 1860, à la mort de Madame Biennais, la propriété est vendue à Martial Caillebotte, le père de Gustave Caillebotte.
L'ambiance étouffante de Paris en pleine transformation, la vie sociale intense conduiront Martial Caillebotte et sa famille à rechercher le calme de la villégiature yerroise. Chef d'entreprise aux affaires florissantes — il fournit de la toile de draps aux armées —, ce dernier embellit la propriété et le parc.

Les années 1860-1879, date à laquelle la propriété sera vendue aux époux Dubois qui la garderont jusqu'en 1963, représentent l'apogée du parc dont Gustave dans ses œuvres, sera le plus fidèle témoin.
Parce que son tracé obéit aux mêmes règles qui président à la composition d'un tableau, la comparaison prend tout son sens : définition des masses et des volumes, choix des couleurs, agencement des formes.

Propriété communale depuis 1973, ce site est inscrit à l'inventaire Supplémentaire des Monuments historiques. Voir le site de la ville sur la propriété Caillebotte.