Rang de poireaux buttés dans un potager d'automne avec terre fraîchement remontée le long des tiges
Potager

Butter les poireaux en automne : jusqu’où monter la terre ?

Robert DuPotager Rédacteur · Potager Caillebotte

Bonjour, je m'appelle Robert et j'ai 46 ans. Je suis passionné par le DIY, la création manuelle, le potager et le jardinage. Bienvenue sur mon…

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Le poireau pousse tranquillement tout l’été, puis l’automne arrive et la question revient chaque année : faut-il butter maintenant, et jusqu’où monter la terre sans étouffer le cœur ? La réponse tient en quelques repères simples, à condition de les appliquer dans le bon ordre.

Butter trop tôt ou trop haut d’un coup reste l’erreur la plus fréquente, bien plus que de butter trop tard. La plante a besoin de temps pour pousser entre deux apports de terre, sinon le feuillage jaunit et le fût reste court.

Pourquoi butter les poireaux en cette saison

Le buttage sert à allonger le fût blanc, cette partie tendre et sucrée qu’on recherche en cuisine. Sans terre remontée le long de la tige, le poireau reste vert sur une grande partie de sa longueur, plus fibreux et plus amer à la cuisson.

En septembre, les plants semés au printemps ont généralement atteint une taille suffisante pour commencer les premiers apports.

Le feuillage est ferme, le diamètre du fût dépasse celui d’un crayon, et la terre autour du pied s’est un peu tassée après les arrosages d’été. C’est le signal pour s’y mettre, sans attendre les premières gelées.

Le bon moment, entre fin septembre et novembre

Il n’existe pas une date unique valable partout. Dans les régions aux automnes doux, le buttage peut s’étaler jusqu’en novembre par apports successifs.

Là où les premiers froids marqués arrivent plus tôt, mieux vaut avancer le calendrier d’une bonne quinzaine de jours et ne pas attendre le dernier moment.

Le repère le plus fiable reste la vigueur du feuillage. Tant que les poireaux poussent encore visiblement, on peut continuer à butter.

Dès que la croissance ralentit nettement avec le froid, les apports de terre n’ont plus grand intérêt et risquent surtout de maintenir une humidité stagnante autour du collet.

Jusqu’où monter la terre, concrètement

C’est la question qui revient le plus souvent, et la réponse dépend de la hauteur déjà obtenue, pas d’une mesure fixe donnée une fois pour toutes.

  • Le premier buttage remonte la terre jusqu’à mi-hauteur des premières feuilles, sans jamais dépasser le point où elles se séparent en éventail.
  • Les buttages suivants, espacés de deux à trois semaines, ajoutent chacun quelques centimètres supplémentaires, en suivant la croissance du fût.
  • La limite à ne pas franchir reste toujours la même : la terre ne doit jamais recouvrir le cœur du poireau, l’endroit d’où partent les nouvelles feuilles.
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Si cette règle est respectée, la hauteur totale de terre remontée au fil de l’automne peut représenter plusieurs fois la hauteur du premier buttage, répartie sur trois ou quatre interventions plutôt que sur un seul geste brutal.

L’ordre des gestes, étape par étape

Butter sans organisation donne des résultats inégaux d’un rang à l’autre. Un ordre simple évite les oublis et les excès.

  1. Désherber légèrement le rang avant chaque buttage, pour ne pas enfermer des adventices sous la terre remontée.
  2. Ramener la terre des sillons voisins vers le pied des poireaux, à la binette ou à la houe, en travaillant de chaque côté du rang pour répartir uniformément.
  3. Tasser légèrement sans excès, juste de quoi stabiliser la butte sans compacter le sol au point de gêner l’eau de pluie.
  4. Arroser modérément si le sol est sec au moment du buttage, pour que la terre colle bien à la tige.
  5. Répéter l’opération deux à quatre semaines plus tard, selon la pousse observée.

Ce calendrier s’organise bien avec d’autres travaux de septembre au potager, par exemple si vous cultivez pommes de terre et poireaux sur des planches voisines, où la récolte des pommes de terre libère justement de la terre facile à ramener vers les rangs de poireaux.

Les erreurs qui se voient dans l’assiette

Un blanc court et dur, presque tout vert, trahit un buttage trop tardif ou trop timide. Rien d’irrattrapable : il suffit de reprendre les apports dès que possible, même en octobre, pour gagner quelques centimètres avant les grands froids.

À l’inverse, un cœur qui noircit ou qui pourrit signale presque toujours un excès de terre monté trop vite, souvent en une seule fois, sur un sol déjà humide. La terre a alors emprisonné de l’eau contre le point de croissance. Dans ce cas, il vaut mieux dégager légèrement la butte pour laisser le cœur respirer, plutôt que d’insister.

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Un sol lourd et argileux aggrave ce risque : la terre colle, reste détrempée plus longtemps et retient l’humidité contre la tige. Sur ce type de terrain, mieux vaut butter par petites quantités plus fréquentes qu’apporter de grosses buttes espacées.

Adapter le geste selon le sol et la région

Sur sol sableux ou drainant, la terre s’éboule facilement et le buttage tient mal d’une pluie à l’autre. Un paillage léger ajouté par-dessus la butte, avec de la paille ou des feuilles mortes déjà sèches, aide à stabiliser la terre sans l’alourdir.

Dans les régions où l’automne reste doux et humide jusqu’en novembre, les poireaux continuent de pousser longtemps : il est alors raisonnable d’étaler les buttages sur plus de séances, en petites quantités. Là où le froid s’installe tôt, mieux vaut concentrer les apports sur septembre et la première moitié d’octobre, quitte à viser une hauteur de terre légèrement inférieure plutôt que de risquer un buttage tardif sur sol déjà froid et collant.

Et après le buttage, jusqu’à l’hiver

Une fois la dernière hauteur de terre en place, les poireaux n’ont plus besoin de grand-chose. Ils supportent bien le froid une fois buttés correctement, contrairement à d’autres cultures du potager plus sensibles au gel, comme les salades qu’il faut protéger activement dès les premières nuits froides.

Un paillis léger autour du rang limite les variations d’humidité sans étouffer le pied. C’est aussi le moment, pour qui prépare l’ensemble du jardin avant l’hiver, de s’occuper des autres cultures encore en place, voire de glisser quelques plantes médicinales utiles semées en septembre sur un coin de potager libéré par les récoltes.

Le poireau bien butté patiente ensuite tranquillement au jardin, prêt à être récolté au fur et à mesure des besoins pendant une bonne partie de l’hiver, sans exiger d’autre attention que de vérifier, de temps en temps, qu’aucune pluie violente n’a dégagé le pied.

Retenez l’essentiel

  • Le premier buttage s'effectue dès que le feuillage est ferme et le fût plus large qu'un crayon, en général fin septembre.
  • La terre ne doit jamais recouvrir le cœur du poireau, point de départ des nouvelles feuilles.
  • Mieux vaut répartir le buttage en trois ou quatre apports espacés de deux à trois semaines qu'en une seule fois.
  • Un cœur qui noircit signale un excès de terre monté trop vite sur un sol encore humide ; il faut alors dégager légèrement la butte.
  • Sur sol argileux ou en climat humide, de petits apports fréquents limitent le risque de pourriture mieux que de grosses buttes espacées.
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