Rats au jardin en septembre : comment les faire fuir sans les tuer ?
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Rats au jardin en septembre : comment les faire fuir sans les tuer ?

Gaëlle Lajardiniere Rédacteur · Potager Caillebotte

Bonjour, je m'appelle Gaelle, j'ai 32 ans et je suis rédactrice web passionnée par le jardin et le potager. Sur ce site, je partage mes…

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Depuis quelques jours, des trous suspects apparaissent au pied de vos massifs, le compost semble « visité » la nuit, et vous avez aperçu une ombre grise filer le long du muret ? Pas de panique : en septembre, ce phénomène n’a rien d’exceptionnel.

C’est même la période de l’année où les rats sont le plus visibles dans les jardins français. Bonne nouvelle : il existe des solutions efficaces, sans poison et sans avoir à tuer l’animal. On fait le point.

Pourquoi voit-on plus de rats dans son jardin en septembre ?

Ce n’est pas un hasard si les recherches sur les rats de jardin explosent chaque année à la même période. Septembre marque un tournant dans le cycle de vie du rat brun (Rattus norvegicus), l’espèce la plus commune dans nos jardins français.

Trois raisons expliquent cette recrudescence :

  • La chute des températures pousse les rongeurs à chercher un abri plus chaud, souvent proche des habitations, des cabanes de jardin ou des tas de bois.
  • Les récoltes de fin d’été (fruits tombés, restes de potager, compost riche) offrent un garde-manger providentiel avant l’hiver.
  • Le pic de reproduction estival arrive à maturité : une femelle rat peut avoir jusqu’à 60 petits par an, et les jeunes de la dernière portée partent justement en quête de nouveaux territoires à cette période.

Le phénomène est loin d’être marginal. Selon les estimations de professionnels de la dératisation reprises dans la presse, la seule ville de Paris hébergerait aujourd’hui entre 4 et 7 millions de rats, soit un ratio pouvant atteindre trois rongeurs par habitant.

Marseille n’est pas épargnée, avec environ 1,5 million de rats recensés, tandis que Lille comptait déjà en 2019 jusqu’à 450 000 individus pour à peine plus de 234 000 habitants.

Le jardin privé, avec sa terre meuble, ses cachettes et sa nourriture disponible, est une extension naturelle de cet habitat urbain en pleine expansion.

Pourquoi éviter le poison et les méthodes létales ?

Le réflexe le plus courant reste l’achat de raticide en jardinerie. Pourtant, cette solution pose plusieurs problèmes concrets pour qui a un jardin fréquenté par des enfants, des animaux domestiques ou de la faune sauvage :

  • Le risque d’empoisonnement secondaire : un chat, un chien ou un rapace peut être intoxiqué en mangeant un rongeur déjà empoisonné.
  • Une mort lente et invisible : les anticoagulants utilisés dans les raticides provoquent une agonie de plusieurs jours, souvent dans des recoins inaccessibles (sous une terrasse, dans un mur).
  • Un impact environnemental réel sur les sols et les nappes phréatiques en cas d’usage répété.
  • Une efficacité limitée si le jardin reste accueillant : de nouveaux individus recolonisent rapidement le territoire libéré.
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C’est pourquoi de plus en plus de jardiniers se tournent vers des méthodes non létales, tout aussi efficaces sur le long terme quand elles sont combinées entre elles.

Étape 1 : rendre le jardin inhospitalier

Avant tout piège ou répulsif, la base reste la prévention. Un rat s’installe uniquement là où il trouve le gîte et le couvert. En supprimant ces deux éléments, on réduit déjà considérablement l’attractivité du jardin :

  • Fermez hermétiquement le composteur et évitez d’y jeter des restes cuits, de la viande ou du fromage : réservez-le aux déchets végétaux crus.
  • Ramassez les fruits tombés au pied des arbres, en particulier en septembre-octobre, période de pleine récolte.
  • Surélevez les tas de bois d’au moins 30 cm du sol pour supprimer les cachettes naturelles.
  • Rangez la nourriture pour animaux (croquettes, graines pour oiseaux) dans des contenants métalliques fermés.
  • Bouchez les trous et galeries visibles avec de la laine d’acier ou du grillage fin, que les rats ne peuvent pas ronger.

Un jardin propre et bien entretenu, c’est déjà 50 % du travail fait, selon la plupart des spécialistes en lutte anti-nuisibles.

Étape 2 : les répulsifs naturels, olfactifs et sonores

Une fois le terrain assaini, place aux répulsifs qui rendent la présence des rats désagréable, sans leur faire de mal.

Les odeurs qu’ils détestent

L’odorat du rat est son sens le plus développé, c’est donc son principal point faible. La menthe poivrée, l’eucalyptus et le vinaigre blanc figurent parmi les répulsifs les plus cités par les jardiniers. Il suffit d’imbiber des boules de coton d’huile essentielle et de les déposer près des trous et des zones de passage.

Quelques plants de sauge ou de laurier autour du potager jouent le même rôle tout en restant décoratifs. À renouveler toutes les semaines environ, car l’odeur s’estompe vite à l’air libre.

La technique de la bouteille qui siffle

C’est l’astuce gratuite qui circule beaucoup en ce moment : une simple bouteille plastique vide, plantée sur un piquet ou insérée dans une galerie, se met à vibrer et à siffler dès que le vent souffle. Le bruit sec et les micro-vibrations dans le sol perturbent les rats, sensibles aux ultrasons et aux vibrations.

Économique, écologique et redoutablement simple à mettre en œuvre en quelques minutes.

Les appareils à ultrasons

Version plus « clé en main » de la technique précédente, les répulsifs à ultrasons émettent des fréquences inaudibles pour l’oreille humaine mais insupportables pour les rongeurs.

On en trouve facilement en rayon jardin chez Leroy Merlin, sous forme de répulsifs solaires étanches, à planter directement dans la pelouse ou la terrasse, sans câblage ni pile à changer grâce au panneau solaire intégré.

Étape 3 : le piège à capture vivante, la solution la plus radicale mais sans cruauté

Si la prévention et les répulsifs ne suffisent pas, la cage à capture vivante reste l’option la plus fiable pour se débarrasser d’un individu bien installé, sans le tuer.

Le principe est simple : le rat entre dans la cage attiré par un appât (beurre de cacahuète, croquettes pour chien, chocolat), déclenche un mécanisme, et se retrouve enfermé sans être blessé.

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Côté enseignes de bricolage, plusieurs modèles sont disponibles :

  • Chez Leroy Merlin : la cage à rats 1 entrée type « Boxtrap » (60 x 19 x 19 cm), en fil métallique, équipée d’un mécanisme à balancier qui referme la porte coulissante dès que l’animal touche l’appât au fond du piège. On trouve aussi des modèles plus compacts en fer noir, ainsi que des pièges à deux entrées, pratiques pour les zones de passage fréquentes.
  • Chez Brico Dépôt : le rayon anti-nuisibles propose généralement des nasses multi-capture et des cages pliables en acier galvanisé, à prix plus accessible, adaptées aux jardins avec plusieurs points d’infestation.

Trois règles à respecter pour une capture réussie et respectueuse de l’animal :

  1. Placez la cage le long d’un mur, d’une haie ou d’un tas de bois : les rats se déplacent toujours en longeant un obstacle, jamais à découvert.
  2. Vérifiez le piège matin et soir pour ne pas laisser l’animal enfermé trop longtemps, ce qui serait source de stress inutile.
  3. Relâchez le rat capturé à plusieurs kilomètres de chez vous, idéalement en lisière de bois, pour éviter qu’il ne retrouve rapidement le chemin du jardin.

À noter : dans de nombreuses communes, le relâcher d’un rongeur nuisible sur le domaine public ou agricole est encadré, voire déconseillé pour des raisons sanitaires. Renseignez-vous auprès de votre mairie en cas de doute, notamment si l’infestation est importante.

Un seul rat aperçu : faut-il vraiment s’inquiéter ?

Pas forcément. Apercevoir un rat isolé ne signifie pas automatiquement une infestation. L’animal peut être simplement de passage, en quête d’un nouveau territoire pour l’hiver.

Les vrais signes d’installation durable à surveiller sont :

  • Des crottes en forme de banane, longues de 1 à 2 cm, noires et luisantes si elles sont fraîches.
  • Des galeries creusées à la base d’un mur, d’une haie ou sous une terrasse.
  • Des traces de rongement sur du bois, des câbles ou des emballages.
  • Un bruit de grattement régulier, souvent en soirée, période d’activité principale du rat.

Si plusieurs de ces signes sont réunis, il est temps d’agir avec la combinaison prévention + répulsif + piège décrite plus haut.

Quand faire appel à un professionnel ?

Les solutions non létales fonctionnent bien pour un jardin avec une présence ponctuelle ou modérée. En revanche, si l’infestation touche aussi l’intérieur de la maison, une cave, des combles ou un poulailler, ou si plusieurs individus sont observés simultanément malgré vos efforts, mieux vaut contacter un professionnel de la dératisation.

Certains proposent désormais des interventions avec des pièges connectés et des méthodes non toxiques, notamment dans les grandes villes où la pression des rongeurs urbains reste forte toute l’année.

Si le problème semble venir d’un jardin voisin mal entretenu (poulailler, compost à l’air libre), n’hésitez pas à en discuter directement, ou à signaler la situation à votre mairie si elle persiste : la lutte contre les rats est plus efficace lorsqu’elle se fait à l’échelle d’un quartier plutôt que d’une seule parcelle.

En résumé : la méthode douce en 4 étapes

  1. Assainir : compost fermé, fruits ramassés, bois surélevé.
  2. Repousser : huiles essentielles, plantes répulsives, bouteille sifflante ou ultrasons solaires.
  3. Capturer si nécessaire, avec une cage à capture vivante placée le long d’un mur.
  4. Relâcher loin de chez vous, dans le respect des règles locales.

Septembre est le mois clé pour agir : c’est maintenant, avant que le froid ne pousse les rongeurs à s’installer durablement, que vos efforts porteront le plus leurs fruits. Un jardin bien tenu en cette période est le meilleur rempart contre une invasion à l’automne.

Sources : L’Essentiel de l’Éco (juin 2025), Paris ZigZag, deratisation-78.net, Planet.fr / La Voix du Nord, Leroy Merlin.

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